Les outils digitaux, de précieuses aides à la décision pour la gestion des dangers naturels

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La digitalisation est une réalité dans un grand nombre de domaines. C’est également le cas pour la gestion des dangers naturels, qui doit compter sur les données du terrain pour prévoir et décider. Dans ce secteur d’activités hautement important pour le Valais, la digitalisation prend la forme d’une aide à la décision pour les spécialistes. Les données récoltées doivent absolument être fiables, disponibles en quantité et interprétables par des professionnels. C’est ce qui est ressorti de la table de discussion en ligne, organisée au début novembre par le CREALP, le Canton du Valais et CimArk dans le cadre des Journées suisses du digital. Une trentaine de personnes, de tous bords et de toutes professions, ont participé aux débats.

« La digitalisation permet notamment d’aborder trois questions essentielles : comment nous utilisons la nature, comment nous la protégeons et comment nous nous protégeons nous-même. C’est dans cette relation triangulaire que la digitalisation prend toute son importance », a précisé Bettina Schaefli, professeure en hydrologie de l’Université de Berne, en préambule des discussions. Les défis sont toutefois nombreux pour bien appréhender la digitalisation. Le premier d’entre eux est d’ordre technique. La fiabilité des données recueillies dans les différents milieux naturels est en effet très importante. Sans cette fiabilité, il est difficile de faire quoi que ce soit et d’être pertinent dans les prises de décision.

 

Illusion du risque zéro
L’autre point essentiel est la rapidité et la disponibilité des services digitaux. Les mesures doivent, dans l’idéal, se faire en continu. La possibilité d’agir rapidement peut vraiment faire la différence dans des situations d’urgence. Mais, avec une digitalisation très présente, il peut y avoir l’illusion du risque zéro. On croit tout maîtriser, car on dispose de beaucoup de données. Cette croyance est dangereuse et a été relevée par les participants aux tables de discussion.

Derrière cette notion de risque zéro se cache aussi celle de la responsabilité. Que les systèmes de monitoring des dangers naturels soient automatisés ou pas, qu’ils soient réalisés par un ordinateur ou par un humain, la question de savoir qui prend la responsabilité demeure. Qui assume si le résultat n’est pas celui qui a été prédit par la machine ou si la décision prise sur la base de données s’avère ne pas être la bonne ?

 

Rester humbles, aussi dans la conception des outils digitaux
Dès lors, comment fixer un risque « acceptable » ? Quelle marge de manœuvre faut-il garder par rapport aux « faux positifs » et « faux négatifs » ? L’important est de garder de l’humilité. Celle-ci, qui induit la reconnaissance que l’on ne peut pas tout maîtriser, tout savoir ou tout prévoir, doit se refléter aussi dans les outils digitaux qui sont développés.

Reste que depuis les inondations de l’an 2000, qui ont marqué les esprits en Valais, de grands progrès ont été réalisés. « La digitalisation au 21e siècle représente l’un des outils les plus importants pour faire des prévisions. Sans le digital, les possibilités de prédiction des crues auraient été beaucoup plus limitées », a souligné Antonio Abellan, directeur du CREALP. La mise en place d’un système complètement automatisé, sans intervention humaine, reste pourtant peu réaliste. « Les outils digitaux doivent être perçus comme une aide à la décision, la sensibilité du terrain et l’intuition des spécialistes restent indispensables », a rappelé Raphaël Mayoraz, géologue cantonal valaisan, lors des discussions. Selon lui, il y a bien entendu un fort intérêt à comprendre comment les outils font leurs calculs, afin de pouvoir ensuite encore mieux interpréter les résultats. Dans ce contexte, l’intelligence artificielle et l’utilisation intelligente des données semblent particulièrement pertinentes pour la gestion des dangers naturels.

 

Quid de l’accès aux données ?
La digitalisation pose également la question de l’accès aux données. Dans le domaine des dangers naturels, et peut-être contrairement à d’autres domaines comme la santé, les données pourraient être utiles à toutes et tous. La condition serait d’avoir une plateforme globale, par exemple au niveau cantonal, qui permet de déposer des données et aussi d’en télécharger. « La disponibilité des données laisse parfois la place à des interprétations non professionnelles. C’est notamment le cas sur les réseaux sociaux. Il est important de rappeler que seuls les spécialistes parviendront à donner un vrai sens aux données recueillies », selon Raphaël Mayoraz.

L’implication de la population, en tant que fournisseurs de données du quotidien, est également importante pour obtenir un grand nombre de données. Il s’agit également de voir, au niveau éthique, s’il est possible de « faire travailler » la population pour recueillir des informations sur les phénomènes naturels. Et que gagneront les gens à partager des données et informations ? Cette question devra également trouver une réponse pour maximiser la quantité de données.

 

Tables de discussions passionnantes dans tout le Valais
Cette table de discussion a été organisée dans le cadre des Journées suisses du digital. Les 2 et 3 novembre dernier, le Canton du Valais a mis sur pied, avec différents partenaires, pas moins de huit tables similaires à celle sur les dangers naturels. Le but était de sensibiliser la population au potentiel de la digitalisation et surtout de l’impliquer dans le débat. Les discussions passionnées de la table de discussion sur les dangers naturels ont montré que l’objectif a été atteint. Reste à voir maintenant comment déployer au mieux la digitalisation dans ce secteur d’activité. Affaire à suivre.

 

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